Il y a parfois des expériences qui marquent plus que les autres, et Returnal en fait incontestablement partie. Au cœur d’une génération que l’on pourrait qualifier de ronronnante de la part de PlayStation, le titre d’Housemarque a en effet su s’imposer comme une véritable bouffée d’air frais au sein du catalogue de la PS5, qui tient avec ce dernier l’une de ses meilleures exclusivités à ce jour. Lorsque le studio finlandais nous est revenu avec l’annonce de SAROS, c’est donc tout naturellement avec le plus grand des enthousiasmes que nous avons accueilli la nouvelle, impatients à l’idée de pouvoir nous plonger dans cette nouvelle aventure. Et cela tombe bien, puisque nous avons justement été invités par PlayStation à essayer le jeu en avant-première, lors d’une session preview d’environ deux heures couvrant l’intégralité du premier biome du jeu.

SAROS, ou la suite spirituelle de Returnal

Et la première chose que l’on peut vous affirmer, c’est que si vous avez déjà joué à Returnal auparavant, alors vous n’aurez aucun mal à vous remettre dans le bain. En effet, les différentes présentations s’en faisaient déjà les témoins, et cette première approche manette en mains vient aujourd’hui nous le confirmer : SAROS entend bien s’inscrire comme une sorte de suite spirituelle au dernier titre d’Housemarque, en tout cas pour tout ce qui touche au gameplay. De la progression au sein des environnements, toujours conçus de façon procédurale, aux différentes mécaniques roguelike, en passant par la prise en main et le feeling des armes, ce nouveau titre ne cherche pas forcément à bouleverser la formule du studio, dont on retrouve tout le savoir-faire. C’est nerveux, dynamique, il y a des projectiles de partout, et on n’en attendait pas moins.

SAROS
Des discussions optionnelles sont là pour approfondir le lore / © Housemarque, PlayStation

Pourtant, on vous rassure tout de suite : SAROS ne semble pas non plus se limiter à un simple reskin de Returnal pour autant. Dès les premières minutes, on comprend que ce nouveau titre possède une forte identité, notamment marquée par un univers qui tranche avec celui de son prédécesseur. Plus chaleureux dans sa palette de couleurs, peut-être plus époustouflant encore dans sa construction et ses visuels, le nouveau jeu d’Housemarque semble très bien parti pour nous faire vivre une aventure très différente. Une aventure qui, d’ailleurs, s’annonce d’ores et déjà bien moins solitaire pour Arjun que pour Selene, grâce à la présence d’un certain nombre de compagnons de voyage. Cela rendra-t-il SAROS moins cryptique pour autant ? Pas sûr. Mais nous devrions au moins avoir plus de matière à analyser grâce à une narration plus appuyée.

L’éclipse de tous les risques

D’autant plus qu’à l’instar de Returnal, si ce n’est même plus encore, SAROS n’hésite pas à entremêler gameplay et narration pour nous immerger pleinement dans son univers. Ainsi, la progression au sein du premier biome s’est ici déroulée en deux temps. D’abord sur ce qui semble être la version normale de la planète Carcosa, où se déroule le jeu. Puis sur ce que l’on pourrait qualifier de version corrompue de ce même lieu, visiblement altéré par une mystérieuse éclipse. Ce qui, bien sûr, a un impact sur le gameplay. Car si la première partie semble davantage vouloir mettre l’accent sur l’exploration, la plateforme et les combats de petite envergure, la seconde, en revanche, tend davantage à relever le niveau de difficulté. Pas forcément de grand-chose, certes, mais suffisamment pour ajouter de nouvelles subtilités de gameplay.

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L'exploitation de la DualSense par le studio est toujours aussi admirable / © Housemarque, PlayStation

Par exemple, si SAROS reprend globalement le même système de reliques que Returnal, qui permet d’octroyer à notre personnage divers bonus et autres buffs plus ou moins utiles, le système de malus, lui, n’apparaît qu’une fois l’éclipse survenue. De quoi permettre de gagner plus sereinement en puissance dans un premier temps, donc, avant de devoir conjuguer avec le fameux système de risques/récompenses. De même, dans la version altérée de Carcosa, les ennemis, plus puissants, ont désormais tendance à envoyer des projectiles corrompus que même le bouclier d’Arjun ne saurait arrêter. Ou en tout cas, pas sans lui faire subir de corruption au passage, ce qui réduit alors sa barre de santé. Et pour s’en défaire, une seule solution : réaliser un tir secondaire, qui nécessite au préalable de recharger son énergie… grâce au bouclier.

Plus accessible, mais toujours exigeant

C’est en effet une autre des spécificités du gameplay de SAROS. Loin de se limiter à un simple outil de protection, le bouclier joue ici un rôle capital au sein de l’expérience, dans le sens où il représente aussi le moyen de recharger son énergie pour réaliser des attaques plus puissantes ; et parfois même susceptibles de nous permettre d’accéder à des zones optionnelles. Il est donc capital de s’en servir autant que possible pour s’assurer de garder son énergie au maximum, sous peine de manquer de potentiels bonus et, durant les combats, de se priver d’une attaque dévastatrice. En sachant que pour les habitués de Returnal, l’esquive par le dash reste bien évidemment présente et inévitable dans le feu de l’action. Car le boulier a beau être efficace, il ne s’agit pas non plus d’une solution miracle permettant de parer toutes les attaques.

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Les combats de boss n'ont rien perdu de leur superbe dans SAROS / © Housemarque, PlayStation

Cela étant dit, ce dernier s’inscrit tout de même ouvertement dans une volonté d’Housemarque de rendre l’expérience de jeu plus accessible que ne l’était celle de Returnal, en offrant à la fois davantage d’outils aux joueurs pour se dépatouiller des situations les plus complexes, mais aussi une plus grande marge de progression au fil des parties. Cela passe alors notamment par l’introduction d’un arbre de compétences, qui permet de gagner en puissance après chaque mort en échange de diverses ressources, récupérables à la fois sur les ennemis et dans l’environnement. De quoi nous permettre de replonger dans l’arène mieux préparé, donc, en sachant que tout achat réalisé au sein de ce dernier reste permanent. Oui, même pour la compétence nous offrant la possibilité d’échapper une fois aux griffes de la mort.

On attend SAROS… comme l’une des valeurs sûres de 2026

À première vue, SAROS semble très bien parti pour nous offrir tout ce que l’on en attendait, et même plus encore. S’inscrivant dans la stricte continuité de l’excellent Returnal, le nouveau titre d’Housemarque reprend tout ce qui a fait la force de ce dernier, et le peaufine au sein d’une expérience qui se veut certes plus accessible, mais sans pour autant sacrifier la puissance de son gameplay. Ajoutez à cela une direction artistique à se damner, et une narration semble-t-il plus ambitieuse, et l’on tient peut-être, cette fois encore, l’un des futurs titres les plus marquants de l’année, si ce n’est même de la génération.